par Rahila Rahimou

Panafrica Shoes, si vous nous suivez depuis notre début, vous vous rappelez certainement de ces sneakers ensoleillées lors de notre campagne de crowdfunding sur Ulule. Remémorez vous l'aventure ulule ici 

 

Le principe de la basket urbaine les séduisait, ils en ont fait Panafrica shoes. Hugues Didier et Vulfran de Richoufftz ont créé cette marque au début de l’année 2016. Des chaussures élégantes et originales, qui font accourir le tout-Paris aux Galeries Lafayette. Après avoir participé à l’opération Africa Now au Printemps 2017, Africa Now s’est vu offrir le grand privilège d’un corner dédié aux Galeries. Son modèle Casablanca est en rupture de stock, et plus de 50 000 fans attendent impatiemment la prochaine collection : Panafrica Shoes est une marque qui cartonne.

 

 

Nous interviewons aujourd’hui le co-fondateur de la marque, Vulfran de Richoufftz. Il nous raconte avec simplicité la belle aventure de sa marque.

 

Panafrica shoes, pour toi, en quelques mots ?

 

Panafrica est une marque de baskets responsables, notre but est de faire de beaux modèles avec de belles matières.

 

 

Pourquoi cet engouement pour le wax ?

 

Hugues a vécu en côte d’Ivoire. Il a une grande connaissance de l’Afrique, et s’y est attaché au fil des ans. Je dessinais, et chacun travaillait de son côté à l’époque. On a eu envie de reprendre le wax, qui est porté partout en Afrique, mais d’en faire quelque chose de plus moderne. On voulait une chaussure avec plus d’originalité.

 

Tout le monde sait ce qu’est que le wax grâce à l’Afrique, et notamment l’Afrique de l’Ouest. Même si le wax vient de Java, et que sa production n’est pas le monopole de l’Afrique, c’est elle qui a donné au vêtement la renommée qu’il a aujourdhui. Mais ce n’est pas parce que l’Afrique consomme beaucoup de wax, qu’elle en a le monopole de fabrication. c’est plus complexe, en fait.

 

On fabrique le wax principalement dans trois régions du monde :

  • en Hollande, où le leader du marché, Vlisco, produit un wax de très haute qualité, et avec des motifs extrêmement variés et régulièrement renouvelés.
  • en Chine, où est fabriqué un wax de contrefaçon, qui se vend sur les marchés en Afrique et ailleurs dans le monde. Ce wax ne porte pas les impressions traditionnelles, et n’est souvent pas d’une grande qualité
  • en Afrique de l’Ouest, où il existe encore quelques usines. Beaucoup ferment à cause de la concurrence, car le marché est rude. En Côte d’Ivoire, à Abidjan, la marque Uniwax avec laquelle nous travaillons, produit une wax locale et de qualité.

 

            Uniwax est l’un de nos partenaires : c’est un tissu qui emploie et fait vivre l’économie locale. Uniwax le commercialise à toute l’Afrique de l’Ouest, et même à travers le monde. La production de nos chaussures se fait au Maroc. Nous veillons à ce que les conditions de productions soit les meilleures, et qu’elles respectent un engagement local.

 

Comment avez vous bâti les différents projets dans lesquels vous vous êtes engagés ?

 

Nous reversons 10% de nos bénéfices au programme #walkforschool, que nous avons créé pour donner une vraie ambition responsable à notre marque. Ce programme est basé sur trois partenariats :

  • avec Espoirs d’Afrique, une association qui donne des kits de fournitures scolaires à des enfants de la région d’Ifangni au Bénin.
  • avec la Serge Betsen Académy au Cameroun depuis février 2016. La Serge Betsen Academy permet à des enfants camerounais en difficulté, de reprendre le chemin de l’école.
  • avec le programme AfrikaTiss depuis début 2017. Cette association créée en 2013 a développé un Centre d’Excellence Textile pour les femmes, à Ouagadougou. L’objectif de ce centre est de former des femmes burkinabés au tissage et de leur assurer une autonomie financière liée à leur activité.

Ces trois programmes nous permettent de promouvoir une mode responsable, et qui s’engage sur la durée dans le développement local. Nous allons tous les mois et demie en Afrique : nous étions il y a peu au Bénin, où avait lieu la remise des kits scolaires.

 

Il y a deux mois, nous étions au Burkina, pour mieux connaître les problématiques de développement local. Nous allons dans les jours prochains au Cameroun, et retournons régulièrement au Maroc pour suivre la production.

 

 

Une personnalité qui t’inspire dans le milieu ?

 

Oui, la styliste Myriam Maxo, celle qui fait de gros nounours en wax. Sinon, nous sommes toujours amenés à être mis en relation avec les gens qui font les mêmes choses que nous. Ce sont des gens qui sont souvent très inspirants, comme la marque Château Rouge par exemple.

 

Comment voyez-vous l’avenir de Panafrica Shoes ?

 

Nous voulons faire varier la gamme de coloris et de motifs de nos baskets, en essayant de proposer à chaque saison une nouvelle collection. Dans tous les cas, nous voulons garder comme marque de fabrique, cet engagement vis-à-vis de l’Afrique, et le souci de fabriquer des baskets de manière responsable.

 

 

 

By Thérèse Gourcuff


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