par Rahila Rahimou

            Les Galeries Lafayette accueillent du 28 mars au 25 juin 2017 l'événement Africa Now, qui réunit des pop-up stores et collections capsule, ainsi que l’exposition “Le jour qui vient”, pensée par Marie-Anne Yemsi. Africa Now a fait couler beaucoup d’encre dans les médias. Si elle convie des artistes qui s’expriment sur le thème de l’Afrique, et des artistes d’origine africaine, certains journalistes déplorent qu’on n’y voie seulement le folklore africain. L’équipe de WaxNext a décidé pour vous d’explorer les dessous de cette aventure.

 

           

Les Galeries Lafayette, incontournable temple de l’avant-gardisme parisien, haut lieu de la mode à la française, ont l’habitude de créer des espaces pour donner la parole à ceux qui osent. Souvent, ils remarquent et donnent leur chance aux petits créateurs, aux jeunes premiers, aux novateurs. Ici, le bilan est mitigé.

Maxmara Weekend

 

D’abord, les collections. Si un non-habitué veut faire le tour des maisons de mode d’origine africaine, il ne lui faudra pas plus d’une demi-seconde. Il y a Château Rouge, deux frères qui ont commencé dans le Bissap, et Laurence Beaurepaire, qui s’inspire du savoir-faire africain pour créer des pièces aux lignes épurées. Toutes deux invitées à Africa Now, ces marques proposent des vêtements dont les prix ne sont pas toujours abordables pour le consommateur moyen.

 

Africa Now, c’est aussi des performances : de faux sapeurs en uniforme de luxe, un défilé “festif” où l’on peut assister à un concert de Gospel (je ne vais pas vous préciser que le gospel n’est pas vraiment africain)... Beaucoup de bruit en somme, pour les débuts timides de l’Afrique comme avant-gardiste de l’élégance parisienne.

Maison Château Rouge et Galerie Lafayette

En parcourant les canards habituels, je ne suis qu’à moitié surprise par le ton qu’emploient les journalistes. Certains sont critiques, comme Libé, qui signale qu’un “intérêt grandissant pour la mode africaine contribue souvent à occulter ses créateurs”. D’autres, totalement muets, comme le Parisien qui annonce sobrement une “parade” dans les allées du magasins.

 

Mais, dans l’histoire, quelle est la véritable participation de l’Afrique ?


Parade du Marché Noir par Randy (Facebook)

Si l’on garde un oeil un peu critique, on peut dire qu’un événement autour de l’Afrique, c’est comme une semaine “spéciale cuisine asiatique” chez Carrefour ou un “Mois USA” chez Picard. C’est un grand fourre-tout marketing où l’aire géographique mise en avant n’est qu’un prétexte pour donner de la poudre de perlimpinpin aux yeux des badauds.

A cause de ce genre d’événements, beaucoup de français persistent à croire que tous les japonais ne mangent que des sushis, et que le nem est typique de la culture chinoise. On réduit des particularités culturelles à leur folklore, sans prendre compte de l’histoire des peuples, ou de leurs disparités ethniques.

Parade du Marché Noir (Facebook) par Randy

 

Cependant, l’effort a été réel.

 

Malgré ces quelques bévues, on peut trouver dans Africa Now une tentative honnêtement négociée de valoriser la mode afropolitaine. L’échec n’est pas total.

 Parade Marché Noir par Randy (Facebook)

 

Par exemple, le Marché Noir, une friperie fondée par Amah Ayivi, un touche-à-tout né au Togo, exploite assez bien le concept du déstockage des armées. Transformer le manteau d’uniforme et le béret avec dérision, en les présentant comme des pièces de haute couture : un pari gagné. Il se passe des choses en Afrique, au delà du cliché que veulent en laisser certaines marques.

 Parade Marché Noir par Randy ( Facebook)

Il reste un long chemin à parcourir. Faire parler du savoir-faire africain, des initiatives qui sont prises chaque jour dans les cinquante-cinq Etats de l’Afrique, du courage de ses entrepreneurs.. n’est pas une mince affaire. Chez Waxnext, nous agissons chaque jour pour mettre en valeur ce patrimoine qui nous est donné.

Découvrez le best off de l'artisanat Africain dans notre Collection Bijoux , Sacs en Cuir et Bogolan et des marques qui produisent en Afrique pour enrichir les talents locaux.

Faites un tour aux Galerie Lafayette proche de chez vous, profitez des ateliers et des animations fun et du décor Big Money et vous faites vous votre propre idée.

The 7ob Sweatshirt brodé main par 7ob Paris Masusa Jacket Uchawi & Neema

 

By Thérèse Gourcuff


Laissez un commentaire